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"L'accident de Julie"
de M'Lady |
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Chapitre 1
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La tempête tropicale fait rage depuis ce matin et les vents atteignent maintenant les 120km/heure. Les commentateurs de la radio et de la télé avisent les gens de rester bien sagement à la maison. De toute façon, qui aurait eu envie de mettre le nez dehors avec cette pluie battante? Paul, mon mari, est occupé à son ordinateur alors que je m'affaire à planifier le 25e anniversaire de mariage de mes parents qui aura lieu dans deux semaines. Liste d'invités, liste de cadeaux, logistique, tout doit être bien rodé afin d'assurer le succès de cette soirée spéciale. Je veux d'ailleurs offrir quelque chose de particulier à mes parents pour souligner cette étape importante de leur vie. Soudainement, une idée brillante me vient à l'esprit! Et pourquoi pas un album-souvenir sur notre famille? De vieilles photos de ma soeur et moi ainsi que des anecdotes amusantes sauraient sûrement leur faire plaisir. Comme mon amie Sandra travaille pour un département de graphisme, je suis certaine qu'elle pourra me faire un excellent montage. Je me rends de ce pas dans ma chambre à coucher pour récupérer la boîte de photos qui traîne sur la tablette du haut de mon garde-robe. Je vais chercher le petit escabeau dans la chambre d'amis et me voilà à tâtonner pour mettre la main sur cette fameuse boîte. Sans m'en rendre compte, je me suis approchée un peu trop près de la deuxième marche de l'escabeau et je perds tout à coup l'équilibre. En tombant sur le sol, ma cheville gauche se tord violemment et j'entends un craquement qui me donne la nausée. Le fracas et le cri de douleur que je lance alertent Paul. Il me retrouve assise par terre, les larmes aux yeux, mes mains enserrant ma cheville blessée. «Julie, est-ce que ça va? Es-tu blessée?» me demande-t-il en regardant ma jambe. «Je me suis tordu la cheville. Oh, j'ai mal...» je lui réponds en sanglotant. Je n'ai jamais connu pareille douleur de toute ma vie. Ma cheville élance terriblement et je peux à peine la bouger. «Laisse-moi regarder de plus près» me dit doucement Paul. Lentement, je pose ma cheville sur sa cuisse. Chaque mouvement me fait souffrir atrocement. Je suis un peu étourdie et je crains de perdre connaissance. Paul examine ma cheville du bout des doigts, mais en me voyant grimacer, il décide que ce n'est probablement pas une bonne idée. «S'il te plaît, Paul, enlève ma chaussure. Je n'en peux plus...» je lui demande en le suppliant. Doucement, Paul détache la courroie de cuir qui enserre ma cheville et il retire ma chaussure avec précaution. «Je vais aller chercher de la glace pour faire diminuer l'enflure. Viens, je vais t'aider à t'étendre sur le lit». Paul me tend la main et je réussis à me balancer sur mon pied droit. Il m'enlace par la taille et je mets mon bras autour de son cou. Je m'appuie lourdement sur lui pour sautiller jusqu'au lit. Paul m'installe confortablement et glisse un oreiller sous ma cheville blessée. Pendant que mon mari est à la cuisine, je regarde attentivement ma cheville. Elle est maintenant très enflée et j'aperçois déjà une vilaine décoloration. Pour la première fois, la possibilité d'une fracture m'effleure l'esprit... De retour dans la chambre, Paul dépose délicatement la glace sur ma cheville. Il s'assoit à mes côtés et me caresse doucement la main. Je lis l'inquiétude sur son visage. «Je vais t'amener à l'hôpital, Julie. Ta cheville a besoin d'être examinée». «Pas question de sortir par un temps pareil. Avec ce vent, j'aurais de la difficulté à tenir sur mes deux pieds, alors imagine un...». Ne sachant que faire, Paul décide de téléphoner à Jean-Claude, son meilleur ami, qui est aussi médecin. Il lui raconte ma mésaventure et lui demande conseil. Après quelques minutes de conversation, Paul raccroche. «Alors?» . «Il revient lui-même de sa clinique et il dit que les routes sont dangereuses. Il m'a expliqué comment fabriquer une attelle pour immobiliser ta cheville jusqu'à demain. Je ne veux pas t'effrayer, mais en cas de fracture, c'est la meilleure chose à faire pour ne pas aggraver la blessure. Il nous attend demain matin à son bureau». Paul récupère un bandage qu'il garde dans son sac d'équipement de hockey. Il se rend ensuite à son atelier pour aller chercher deux morceaux de bois. Les bâtons bien en place des deux côtés de ma cheville, il complète l'éclisse de fortune avec le bandage. Avant de retirer sa main, il m'effleure les orteils avec ses doigts. «Pas trop serré?». Je le rassure. «Non, ça va». «As-tu faim? Je peux te préparer quelque chose» me demande gentiment Paul. Incapable de marcher, je réalise que suis totalement dépendante de mon mari jusqu'à demain. Curieusement, cette pensée m'excite... «Merci, mais je n'ai pas vraiment faim». Paul me rejoint sur le lit et m'enlace tendrement. Je me blottis contre lui, heureuse d'avoir quelqu'un qui puisse veiller sur moi. Nous passons le reste de la soirée à regarder la télévision. Dehors, les vents se calment et la journée du lendemain s'annonce ensoleillée. Je vais enfin pouvoir faire examiner ma cheville par un médecin. «Je dois aller à la salle de bains. Tu veux bien m'aider?». Je prends appui sur Paul et sautille jusqu'à l'autre pièce. Ma cheville recommence à m'élancer dès que je suis debout. De retour sur le lit, Paul remet ma cheville sur l'oreiller puis il commence à me masser délicatement les orteils. «Dis-moi si je te fais mal...». «Mmmmm... Non, c'est bon. Continue je t'en prie». Paul poursuit son massage durant quelques minutes. Il se tourne ensuite vers mon pied droit. Il me masse la plante du pied et me pétrit les orteils. Pour terminer, il m'embrasse le pied tendrement. Il est près de minuit passé lorsque nous éteignons pour la nuit. J'ai peur de ne pas dormir avec ma cheville qui me fait toujours souffrir. Les deux cachets d'aspirine que j'ai prises il y a quelques minutes tardent à faire effet. Je regarde le réveil à toutes les heures. Paul respire lentement, signe qu'il est profondément endormi. Comme j'aimerais me lever pour me préparer un bon lait chaud. Je pose les yeux sur ma cheville. Est-elle cassée ou est-ce une simple entorse? Devrai-je porter un plâtre? Il semble assuré que j'aurai au moins besoin de béquilles pour me déplacer. Encore une fois, je frissonne à l'idée d'être dépendante de Paul. Suis-je folle? Comment puis-je me réjouir d'une blessure à la cheville? Pourtant, j'ai le coeur qui bat la chamade en me revoyant soutenue par mon mari, incapable de mettre la moindre pression sur ma cheville blessée. Je m'assoupis finalement vers 3 heures, espérant secrètement revenir à la maison demain avec la cheville plâtrée.
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