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OAG Updated: Mar 2, 2002 Return to Home Page

"L'accident de Julie"
de M'Lady
     Chapitre 2     
Je me réveille en sursaut. Le cadran marque maintenant 8 h 32. Je retrouve la douleur lancinante qui m'entoure la cheville et je grimace en remuant légèrement les orteils.

«Ta cheville te fait encore aussi mal?».

Je me tourne vers Paul, les yeux embués de larmes. Je hoche la tête. «Je te prépare à déjeuner et nous partons aussitôt voir Jean-Claude. Je déteste te voir souffrir, mon amour». Paul m'embrasse tendrement avant de se diriger vers la cuisine.

Affamée, je dévore tout ce que mon mari a déposé dans mon assiette pendant qu'il est dans la douche. Je m'habille tant bien que mal et 15 minutes plus tard, nous sommes prêts à partir.

J'essaie de me lever, mais Paul m'arrête. Il me prend dans ses bras pour m'amener jusqu'à la voiture. Je prends place à l'arrière afin d'élever ma cheville sur le siège.

La clinique de Jean-Claude n'est qu'à quelques minutes de la maison. Paul conduit prudemment, mais chaque mouvement brusque ajoute à ma souffrance.

Je vois avec soulagement la clinique se dresser à l'horizon. Elle est habituellement fermée le dimanche, mais Jean-Claude fait une exception pour moi.

Le voilà d'ailleurs qui nous attend bien patiemment dans le stationnement, une chaise roulante à ses côtés. Il nous adresse un petit signe de la main alors que Paul immobilise la voiture. «Alors, comment va cette cheville?» me demande-t-il en ouvrant la portière.

«Elle n'est pas en état d'aller danser» je lui réponds en souriant. Jean-Claude m'aide à prendre place dans la chaise roulante tout en regardant l'atelle fabriquée par Paul.

«Félicitations mon ami. Excellent travail. Si tu cherches un emploi, fais-moi signe» lui dit Jean-Claude pour le taquiner. Paul rougit et me fait un clin d'oeil complice.

Paul et Jean-Claude débutent une conversation animée sur le baseball et parient sur qui seront les champions cette année. Paul raconte ensuite une bonne blague à son meilleur ami et Jean-Claude rit de bon coeur.

Une fois dans son bureau, il redevient toutefois le médecin sérieux et attentif. Il me demande des détails sur ma chute tout en défaisant l'atelle qui immobilise ma cheville. Il palpe doucement mon membre blessé et fronce les sourcils lorsque je lui mentionne le craquement que j'ai entendu. Son examen est douloureux et je dois serrer les dents à plusieurs reprises afin de ne pas crier.

«OK, je t'envoie au département de radiologie. J'ai demandé à une technicienne de venir m'aider et elle t'attend pour les radios». «Tu crois qu'il y a fracture?» lui demande Paul avant que j'aie pu moi-même lui poser la question.

«Je n'aime pas me prononcer avant d'avoir consulté les radios, mais pour être franc avec toi, je pense effectivement que Julie a la cheville cassé».

Paul m'amène en radiologie où nous sommes accueillis par Josée, la technicienne. La jeune trentaine, un sourire avenant, elle m'est tout de suite sympathique. Je m'excuse de la faire travailler durant sa journée de congé.

«Les excuses ne sont pas nécessaires, croyez-moi. Le Dr Lemieux m'a expliqué votre situation hier soir. Je me suis cassé un pied il y a trois ans, alors je sais parfaitement comment vous vous sentez ce matin».

J'apprécie la gentillesse de Josée et surtout sa délicatesse lorsqu'elle touche ma cheville douloureuse. Vingt minutes plus tard, je remets les films à Jean-Claude qui les examine attentivement.

«Malheureusement, je ne m'étais pas trompé... Tu vois la ligne blanche ici? Et là?». Jean-Claude m'indique deux traits sur la radio. «Ta cheville est fracturée à deux endroits et il semblerait que des ligaments aient aussi été endommagés des deux côtés de la cheville». Ma tête tourbillonne. Une double fracture de la cheville? Des ligaments déchirés? Je suis maintenant certaine de retourner à la maison avec le pied dans le plâtre...

Jean-Claude poursuit ses explications. «Les os ne sont pas déplacés, ils devraient donc se ressouder parfaitement. Ta cheville devra cependant être immobilisée pour les huit prochaines semaines. Six semaines avec un plâtre long, c'est-à-dire des orteils à la cuisse et deux autres semaines avec un plâtre plus court».

Une fois les explications terminées, nous nous dirigeons vers la salle de plâtre. Paul m'aide à prendre place sur une longue table rembourrée. Josée, la technicienne, est venue prêter main-forte à Jean-Claude.

Il fait tout d'abord glisser un long bas de jersey sur ma jambe. Il soulève ensuite doucement mon genou et le dépose sur un bloc de bois, pour que ma jambe soit surélevée. Il imbibe les premières bandes plâtrées et les enroule autour de mon pied et de ma pauvre cheville brisée.

Il ajoute des bandes supplémentaires qui s'arrêtent à quelques pouces de mon genou. Jean-Claude travaille méthodiquement et avec minutie. Les nombreux plis disparaissent sous ses mains expertes et peu à peu, je vois le plâtre mouler parfaitement le galbe de ma jambe.

Jean-Claude demande à Josée de soulever ma jambe pour qu'il puisse terminer le plâtre. Il plie mon genou légèrement et le plâtre avec les bandes. Ma cuisse subit ensuite le même traitement. La lourdeur du plâtre s'installe et je m'imagine déjà appuyée sur des béquilles, mon pied plâtrée suspendu à quelques pouces du sol.

Avec des ciseaux, Jean-Claude coupe le bas qui recouvre mes orteils et le rabat sur le plâtre. Il ajoute une dernière bande pour fixer le tissu solidement. Mes orteils bronzés et le vernis rouge de mes ongles contrastent avec la blancheur du plâtre.

«Et voilà! Qu'en penses-tu?».

Ma jambe plâtrée repose maintenant sur un immense coussin de mousse. J'essaie de bouger le genou, mais emprisonné sous le plâtre rigide, il refuse d'obéir. Une chaleur bienfaisante m'enveloppe la jambe.

«Il est bien réussi. C'est assez étrange de ne pas pouvoir bouger ma jambe...».

Du coin de l'oeil, j'aperçois Josée en train d'ajuster une paire de béquilles. Paul se faufile derrière moi et caresse mes épaules nues. «Ça va?». Je hoche la tête. Comment lui expliquer que j'adore la sensation du plâtre et encore plus la vulnérabilité qu'il me confère.

«Allez Julie! C'est le temps de nous montrer ce que tu sais faire avec ces béquilles» me lance soudainement Jean-Claude. Les mains sous mon talon plâtré, il m'aide à descendre de la table. Paul me soutient tandis que Josée glisse les béquilles sous mes aisselles.

Après avoir écouté ses conseils, je fais mon premier pas. J'avance lentement, ma jambe plâtrée se balançant avec chaque mouvement. Marcher avec des béquilles n'est pas une tâche facile et j'espère simplement pouvoir les maîtriser en peu de temps.

Finalement, je reprends place dans la chaise roulante. En route vers la voiture, Jean-Claude me refile quelques instructions pour le plâtre. Il m'embrasse sur la joue tout en me souhaitant bonne chance. Pour le remercier, je l'invite à souper la semaine prochaine, un rendez-vous qu'il s'empresse d'accepter.

Paul dépose mes béquilles dans la voiture et je m'appuie sur lui pour monter à l'arrière. «Confortable?». Je lui réponds par mon plus beau sourire. Avant de refermer la portière, sa main s'attarde sur mes orteils. Un frisson de plaisir me parcourt le corps. J'ai l' impression que les huit prochaines semaines seront les plus belles de ma vie...

être continué...


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